TRIBUNE. A 7 mois de l'élection présidentielle, les candidats doivent se saisir de l'urgence climatique et accorder à la rénovation des bâtiments une place plus ambitieuse dans les politiques publiques pour la transition énergétique. Il est temps d'accompagner l'ensemble du territoire français vers la sobriété énergétique. Par Franck Annamayer, président de SONERGIA et Michel Pelenc, directeur général de SOLIHA (*).

En octobre 2020, le gouvernement a fait de la rénovation thermique un axe principal du plan de relance en accordant 7 milliards d'euros à la rénovation énergétique du parc de logements publics et privés. Une somme conséquente pour opérer la transition énergétique du secteur mais insuffisante pour atteindre les objectifs climatiques que le gouvernement s'est fixés et qui vont être encore réhaussés dans le cadre du Paquet climat « Fit-for-55 » : une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 et la neutralité carbone en 2050.

A sept mois de l'élection présidentielle, les candidats doivent se saisir de l'urgence climatique et accorder à la rénovation des bâtiments une place plus ambitieuse dans les politiques publiques pour la transition énergétique. Il est temps d'accompagner l'ensemble du territoire français vers la sobriété énergétique. Les bâtiments résidentiels et tertiaires, qui émettent 20 % des émissions nationales, seront un levier essentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour parvenir à la neutralité carbone en 2050, le secteur du bâtiment doit notamment faire passer l'ensemble des logements français au niveau Bâtiments Basse Consommation (BBC). Or, 27 millions de logements nécessitent encore une transformation pour atteindre un niveau BBC et 4,8 millions de passoires énergétiques sont également à rénover.

Pour accélérer le rythme des travaux de rénovation énergétique, nous devons généraliser la rénovation globale des logements pour réaliser des économies d'énergie réelles, combinées à une sensibilisation des ménages sur les écogestes. Car l'enjeu n'est pas seulement climatique, il est aussi social. Près d'un foyer français sur quatre souffre de précarité énergétique, c'est-à-dire d'une situation d'inconfort thermique et de vulnérabilité économique. Selon le Médiateur national de l'énergie, 53% des foyers ont dû restreindre leur consommation d'énergie en 2020 pour limiter leur facture énergétique qui peut représenter pour les plus modestes jusqu'à 8% de leurs revenus. Cette situation est aggravée par la hausse du prix de l'énergie et les répercussions de la crise sanitaire sur les factures d'énergie.

Le financement et la démocratisation de l'accompagnement des ménages dans leur projet de rénovation énergétique, notamment les plus précaires, seront les deux enjeux majeurs des futures politiques de rénovation en France. Malgré les aides disponibles, de nombreux ménages redoutent encore de ne pas avoir les moyens nécessaires pour réaliser des travaux quand d'autres se méfient des arnaques qui se sont multipliées ces dernières années. La complexité des nombreuses aides disponibles et le manque d'interlocuteurs de confiance sont les principaux freins à la réalisation de travaux d'économies d'énergie.

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