Un policier a été tué à Avignon mercredi dernier. Venu sur place, le ministre de l’Intérieur a fait part de l’émotion de tout le pays et déclaré que « la lutte contre les trafics de stupéfiants s’apparente à une guerre ». En octobre dernier déjà, à la suite de l’attentat survenu dans une église à Nice, le même Gérald Darmanin indiquait : « nous sommes en guerre » contre « l’idéologie islamiste ».

Décidément, la France semble prise entre de toujours plus nombreux fronts multiples et simultanés – car, à ces conflits, s’ajoute le combat que le pays mène depuis plus d’un an contre la pandémie (le 16 mars 2020, le Président l’avait scandé : « Nous sommes en guerre »). La logique du ministre est évidente : montrer, par la force des mots employés, toute la détermination et la mobilisation du gouvernement pour écraser l’adversaire. Elle est aussi étonnante et risquée.

Etonnante car, en utilisant cette rhétorique guerrière, non seulement l’exécutif renvoie l’idée anxiogène que des combats se déroulent sur le territoire national contre une pluralité d’ennemis, mais dans le même temps, faisant ces déclarations après que des citoyens français ont été assassinés, il semble indiquer l’impuissance de l’Etat à les défendre.

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