Entre les réticences des Etats du nord et de l’est et la faible marge de manœuvre laissée par les traités, un progrès est loin d’être acté

« Nous sommes déterminés à réduire les inégalités, à défendre des salaires équitables et à combattre l’exclusion sociale ainsi que la pauvreté », concluaient samedi les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne, à l’issue du sommet social de Porto. Une phrase en apparence anodine, qui n’en a pas moins fait passer une nuit blanche à plus d’un diplomate bruxellois.

Certains Etats membres du nord et de l’est du continent affichaient en effet leur réticence à ce que le sommet débouche sur une déclaration commune, et a fortiori que cette déclaration fasse référence au délicat sujet des salaires . Si la position des pays d’Europe centrale et orientale peut facilement s’expliquer par leur volonté de maintenir l’avantage comparatif de leurs bas salaires face au reste de l’UE, les crispations au nord du continent apparaissent comme plus surprenantes.

« Certains Etats scandinaves craignent que l’UE légifère dans le domaine social en général, et dans celui des salaires en particulier, éclaire Klervi Kerneïs, de l’institut Jacques-Delors. Ils souhaitent notamment éviter qu’elle interfère dans leur modèle social fondé sur la négociation entre partenaires sociaux plutôt que sur un salaire minimum national ».

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