L’accord trouvé à l’occasion de la visite de Joe Biden à Bruxelles a été taillé sur mesure pour contrer l’émergence de la concurrence chinoise dans l’aéronautique

« Avec cet accord, nous avons franchi une étape majeure dans la résolution du plus long conflit de l’histoire de l’Organisation mondiale du commerce », s’est félicitée mardi la présidente de la Commission européenne. Ursula von der Leyen a tout lieu de se réjouir : l’accord de « cessez-le-feu » pour cinq ans, dans le conflit Airbus-Boeing qui dure depuis 2004, constitue le premier fait d’armes de son équipe sur le plan commercial. Ce rapprochement représente par ailleurs l’élément le plus tangible jusqu’ici du renouvellement de la relation transatlantique que les Européens appellent de leurs vœux depuis l’élection du président américain , Joe Biden.

L’accord n’a toutefois rien d’une surprise : les sanctions mutuelles étaient déjà suspendues pour quatre mois depuis mars. D’un point de vue économique, la suspension des surtaxes décidée pour cinq ans paraissait même s’imposer d’elle-même. Le secteur de l’équipement aéronautique a en effet subi en 2020 sa première année de récession depuis vingt ans, du fait de l’effondrement de la demande d’appareils neufs, laquelle prendra de longues années avant de retrouver son niveau d’avant-crise.

« Plus largement, cette suspension de cinq ans va nous donner du souffle dans cette crise, car beaucoup de secteurs comme les vins et spiritueux ou l’agriculture, qui n’ont rien à voir avec l’aviation, ont été les victimes collatérales du conflit Airbus-Boeing », rappelle l’eurodéputé luxembourgeois Christophe Hansen, coordinateur du groupe PPE (conservateurs) sur les questions commerciales. par exemple depuis 2019 d’une surtaxe de 25% sur les produits exportés vers les Etats-Unis.

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