La pénurie de main-d’œuvre commence à se résorber aux Etats-Unis alors que les aides mises en place pour amortir le choc sanitaire sont appelées à disparaître

Les faits semblent donner raison à ceux qui pointaient du doigt les aides aux chômeurs pour expliquer la pénurie de main-d’œuvre aux Etats-Unis . Alors que les mesures mises en place par l’administration Biden pour amortir le choc social des mesures de confinement touchent à leur fin, les Américains commencent à retourner au travail. En plus d’une allocation-chômage (318 dollars par semaine, en moyenne) limitée dans le temps, un coup de pouce financier supplémentaire de 300 dollars par semaine avait été institué au début de l’année pour les demandeurs d’emploi. L’arrêt du dispositif est programmé pour le mois de septembre au niveau national mais certains Etats y ont déjà mis fin sous la pression des milieux d’affaires. Le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités s’est élevé à 3,269 millions lors de la semaine au 17 juillet (dernière semaine pour laquelle ces chiffres sont disponibles) contre 3,262 millions la semaine précédente.

Un sondage de Morning Consult réalisé en juin dernier auprès de 5 000 personnes montre, en effet, que les Américains semblent avoir pris goût à la protection sociale telle qu’elle est pratiquée largement en Europe. C’est ainsi que 45 % des personnes interrogées expliquent avoir refusé des offres d’emploi pour cette raison, sachant que 23 % des sondés disent avoir moins de mal à boucler leurs fins de mois avec l’ensemble des allocations dont ils disposent qu’avec leur précédent salaire. Pas étonnant, dès lors, que 40 % de ceux dont l’assurance-chômage expire dans un délai d’un mois ressentent plus de pression à trouver un travail que ceux (26 %) ayant encore un trimestre d’aides financières devant eux.

D’après les estimations de Morning Consult, environ 2 millions d’adultes contraints d’arrêter de travailler du fait du confinement, de la nécessité de garder les enfants, de soigner des malades etc. devraient ainsi revenir sur le marché de l’emploi cette année. Et ce devrait être le cas d’1,5 million de personnes en plus d’ici à un an. C’est-à-dire les deux tiers des personnes concernées, sachant que 42 % de ceux qui tutoyaient les 65 ans, l’âge du départ à la retraite pour beaucoup, n’ont pas l’intention de reprendre un travail. Si des poches de pénurie de main-d’œuvre devraient persister dans certains secteurs le temps d’un ajustement, l’entreprise de sondage entrevoit une fin prochaine de la pression haussière actuelle sur les salaires. En effet, 68 % des demandeurs d’emploi interrogés en juin disent être prêts à accepter le même salaire, voire à être moins payés qu’avant. Les jeunes (18-34 ans) se montrent plus exigeants (42 % veulent une augmentation) que les 35-44 ans (26 %) et les plus de 45 ans (20 %).

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