« On est loin des clichés contemporains sur la guerre ancestrale entre les Juifs et les musulmans »

Thessalonique est un exemple frappant de cohabitation entre juifs, musulmans et chrétiens à travers les âges, un exemple qui ne correspond pas à l’image que l’on a traditionnellement de la coexistence forcément conflictuelle des trois religions du Livre et notamment des juifs et des musulmans.

A Thessalonique, en effet, les Juifs séfarades expulsés d’Espagne par Isabelle la Catholique en pleine reconquista trouvèrent un refuge bienveillant. La ville devint progressivement un foyer d’accueil pour de nombreux Juifs en provenance aussi du Portugal ou de l’Italie du Sud (Naples espagnole, Sicile et Sardaigne aragonaises), pays qui adoptèrent aussi des arrêts d’expulsion. En effet, l’Empire ottoman se référant à la législation musulmane sur les gens du Livre (en arabe ) accordait une protection aux chrétiens et Juifs soumis au statut de : ce statut si décrié aujourd’hui par l’extrême droite (voir les travaux de Bat Ye’Or notamment) a donc permis d’accueillir des dizaines de milliers de Juifs chassés par l’intolérance catholique. Le Sultan d’alors, Bayézid II, profita de l’occasion pour repeupler Salonique qui peinait à se relever de la conquête ottomane de 1430 en y dirigeant l’afflux de réfugiés juifs. En , les Juifs représentaient 56 % des 30 000 habitants de Salonique ; les chrétiens constituant un quart de la population et les musulmans le dernier quart.

Pour continuer à lire, inscrivez-vous !

14 jours d'essai gratuit

Lecture sans publicité, accès illimité à des milliers d’articles premium, flux personnalisé, revue de presse du jour.

J'ai déjà un compte