ESPRITS ANIMAUX (28/30) – Durant l’été, l’Opinion raconte lois, concepts, mouvements, expressions et autres stratégies inspirées du règne animal. Politique, économie, diplomatie, sport… La Fontaine n’avait pas tout inventé !

L’armée française défend la biodiversité. Depuis la fin de guerre d’Indochine, elle utilise des noms d’animaux, et parfois de plantes, pour baptiser ses opérations. Cela débuta en 1953 avec Hirondelle, Mouette, Brochet et surtout Castor. Castor, c’était l’idée géniale de s’installer dans une cuvette du nom de Dien Bien Phu. On connaît la suite... Du coup, la référence animalière passa un peu de mode durant la guerre d’Algérie, avant de revenir en force avec les « opérations extérieures ​» à partir des années soixante.

La liste est longue, même si l’on ne peut garantir son exhaustivité ​: Bison, Lamantin, Daman, Tacaud, Bonite, Barracuda, Cyprin, Scorpion, Epaulard, Manta, Epervier, Salamandre, Requin, Daguet, Balbuzard, Serval, Oryx, Sangaris ou Pélican... Des mammifères, des poissons (beaucoup), quelques oiseaux, un amphibien et un arachnide. Et même un animal mythique, qu’on suppose relevé de l’ordre des mammifères : la Licorne. En revanche, à l’exception d’un papillon rouge, peu d’insectes ou de reptiles. Ils n’ont en général pas bonne presse. Imaginez l’opération Cancrelat.

On le constate, les militaires ne se contentent pas de noms communs. Ainsi de Daguet, la participation à la guerre du Golfe (1990-1991) ​: c’est un jeune cerf. Et qui sait ce qu’est un daman ? Un petit mammifère ressemblant à une marmotte, mais dont les zoologues nous apprennent qu’il est en réalité un cousin des éléphants. Cyprin ? C’est un poisson rouge ! Et Serval, la dernière en date (Mali, 2013) ? Un élégant petit félin d’Afrique, pas très commode.

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