Les islamistes marocains ont pris une monumentale gifle lors du triple scrutin (communal, législatif, régional) du 8 septembre . Ils n’ont pas réussi à faire élire plus de 13 députés, contre 125 en 2016. Ce revers historique a conduit à une démission collective de la direction du PJD, au lendemain du scrutin. La défaite doit les ramener à plus d’humilité et à revoir une stratégie dont on voit aujourd’hui les limites. En prennent-ils le chemin ? Les pontes du parti s’enferment dans un discours victimaire, celui d’un système monarchique qui chercherait à les exclure du jeu politique, les privant des fonds publics, savamment redistribués. Ils se présentaient pourtant, il y a peu, comme les « islamistes du roi».

En fait, ils ont surtout échoué à gouverner, douchant l’espoir de populations qui n’ont pas hésité à les huer dans leurs fiefs, lors de la dernière campagne. Leur bilan, après une décennie de conduite des affaires gouvernementales, n’est guère flatteur en matière de réformes. Autrefois perçue comme un ascenseur social, l’adhésion au parti ne fait plus rêver une jeunesse d’extraction modeste, ni les fonctionnaires. Pire, les troupes qui les avaient rejoints en 2015, sentant la victoire venir, les ont abandonnés, six ans plus tard, déçues du manque de perspectives offertes.

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