Depuis plusieurs mois, la bataille qui oppose syndicats et gouvernement sur la réforme de l’assurance-chômage offre un bel exemple de judiciarisation de la vie publique. Une nouvelle manche se joue ces prochains jours

Il existe deux manières de combattre une réforme : la rue ou la justice. La première a été choisie par les syndicats pour contrer la réforme des retraites durant l’hiver 2019-2020. Ils n’ont pas réussi, puisque la loi a été adoptée par le Parlement, le 3 mars 2020. Avant d’être suspendue peu après pour cause de crise sanitaire. Aujourd’hui, son éventuelle reprise provoque des réactions d’hostilité telles que le pouvoir hésite : dans un pays éprouvé par la pandémie et à quelques mois de la présidentielle, la seule menace de la rue fait son effet.

Avec l’assurance-chômage, les syndicats empruntent la seconde voie : ils ne peuvent guère espérer remplir des cortèges. Dans l’opinion, l’idée est souvent répandue que les chômeurs n’ont qu’à chercher du travail pour en trouver. Les organisations de salariés se tournent donc vers la juridiction compétente, en l’occurrence le Conseil d’Etat.

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