« Au moment où la Tech porte la sortie de crise à travers le monde, la France et l’Allemagne se doivent d’entraîner l’Europe dans la constitution d’un troisième pôle technologique face aux Etats-Unis et à la Chine »

Tout à notre axe Paris-Berlin qui n’a de réalité vu que de Paris, tout à notre volonté, le plus souvent fantasmée, de recréer des Airbus — de la Défense, du cloud, du vaccin, du calcul, de l’hydrogène, des mers, etc. —, nous en oublions parfois que l’Allemagne est un Etat fédéral dès lors qu’il s’agit de construire des projets transfrontaliers et communs. Il n’y a pas de ministre allemand chargé du Numérique par plus que de la Culture. Les Landers portent avant tout la politique économique. C’est leur raison d’être.

Si l’économie de marché s’impose comme une valeur quasi universelle, son application reste sujette à interprétation. En France, dans un pays au « libéralisme concurrencé » pour reprendre la belle expression de l’économiste Philippe Crevel qui signe là en quelques mots une longue histoire tumultueuse, la subsidiarité est un des rares principes à n’avoir jamais été mis en œuvre. Une telle organisation laisse au mieux rêveur, plus souvent songeur alors que les résultats sont incontestables outre-Rhin. Moyennant quoi les sujets industriels semblent accaparer les discussions plus que ceux de la Tech, même si les deux ne sont pas incompatibles.

Si « », il n’en reste pas moins que l’Allemagne, qui avait été dépassée, en 2020, selon le , reprend sa première place en matière d’investissement au premier semestre. Les start-up ont levé près de 8 milliards d’euros (+300 %) en Allemagne contre un peu plus de 5 milliards (+90 %) en France. Il s’agit là d’un rattrapage de l’Allemagne, comme dans le cas de la Grande-Bretagne au demeurant, en sortie d’une crise sanitaire qui avait touché plus durement leurs écosystèmes. Ce bilan est plus cruel sur les méga levées supérieures à 100 millions d’euros au premier semestre : 9 en France contre 16 en Allemagne et 34 au Royaume-Uni. Il y a urgence à ne pas s’endormir sur ses lauriers. A présent, selon Franck Sebag, associé EY, « pour continuer à attirer les capitaux et les talents, l’heure est probablement venue de passer à une étape de consolidation européenne afin de conserver notre destin entre nos mains et donc de peser sur la scène mondiale ». Là aussi, l’union fera la force.

Pour continuer à lire, inscrivez-vous !

14 jours d'essai gratuit

Lecture sans publicité, accès illimité à des milliers d’articles premium, flux personnalisé, revue de presse du jour.

J'ai déjà un compte