Pour le politologue Jérôme Fourquet, le rapport Sauvé pourrait contribuer à l’effondrement, accéléré depuis 2000, de l’institution

Le rapport de la Commission Sauvé qui dévoile le caractère « massif » mais aussi « systémique » des abus sexuels dans l’Eglise catholique peut-il porter le coup de grâce à l’institution ?

L’effet déflagrateur est indéniable. Le coup de grâce ? C’est très difficile à mesurer, mais il est certain que ces travaux viennent renforcer le constat d’une Eglise catholique avec laquelle la société française a déjà pris massivement ses distances, qui s’est même détournée de l’Eglise et qui ne voit plus l’intérêt de la fréquenter. Son héritage historique est de plus en plus perçu comme obsolète, de moins en moins en phase avec le monde moderne. Le divorce, l’IVG, le mariage homosexuel sont des évolutions sociétales que l’institution catholique a combattues avec force. Ce positionnement était jugé par beaucoup comme rétrograde, mais ces révélations sur l’ampleur de la pédophilie dans l’Eglise vont sans doute être vécues comme une manifestation de dégénérescence de l’institution. A fortiori parce que l’Eglise a abrité en son sein des pratiques éminemment condamnables, qu’elle a été incapable de les sanctionner et que son attitude est en contradiction flagrante avec son message qui est de protéger les personnes les plus fragiles et les plus sacralisées que sont les enfants.

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