Au cours de ce grand débat, lancé le 18 octobre à Poitiers par le président de la République, le statut des magistrats, leur responsabilité seront discutés. Des chiffons rouges pour les juges

Les Etats généraux de la justice ne commencent pas sous les meilleurs auspices. Vendredi, au congrès annuel de l’Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), la présidente Céline Parisot lance pique sur pique à l’exécutif. Le garde des Sceaux ? Il n’est tout simplement « pas un interlocuteur ». Contrairement à la tradition, Eric Dupond-Moretti n’a donc pas été invité dans cet hôtel parisien et a dépêché la sous-directrice de la direction des services judiciaires pour représenter le ministère. Pour autant, malgré ce rejet, la présidente de l’USM l’affirme haut et fort : l’entre-soi et le corporatisme des juges sont « des mythes » et les critiques de la magistrature ne sont motivées que par la volonté des politiques d’attenter à l’indépendance des juges. Murmures approbateurs puis applaudissements nourris parmi la grosse centaine de participants.

C’est dans ce climat qu’Emmanuel Macron lancera, lundi 18 octobre au Futuroscope de Poitiers, ces Etats généraux de la justice. Or le chef de l’Etat a l’intention de mettre sur la table des sujets lourds. « Pas question de laisser les magistrats faire leur petite mayonnaise. L’Elysée veut du politique, le Président est prêt à cliver », avancent les professionnels qui ont eu vent des préparatifs. Dès le début de ces Etats généraux, devrait ainsi être versée aux débats la question du statut des magistrats, à tiroirs puisqu’elle touche au sujet épineux de l’unité du corps et de son indépendance.

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