« Notre corps militaire compte a lui seul 100 000 combattants entraînés, armés, qui ont de l’expérience », avertit Hassan Nasrallah, le chef du mouvement politico-religieux chiite

« Je conseille aux Forces libanaises et à leur chef [Samir Geagea] d’oublier totalement l’idée d’un conflit interne et d’une guerre civile », a averti, lundi soir, Hassan Nasrallah. Le secrétaire général du Hezbollah n’a pas hésité à faire l’étalage de toute sa puissance : « Le corps militaire du Hezbollah compte a lui seul 100 000 combattants entraînés, armés, qui ont de l’expérience. Nous ne les avons pas entraînés pour une guerre civile, nous les avons entraînés pour nous défendre contre nos ennemis. » Et de se prévaloir d’autres forces comme les scouts du Hezbollah, les milices alliées de l’autre parti chiite Amal, ou encore du soutien de l’Iran. « Nous ne sommes ni faibles, ni effrayés, a-t-il ajouté dans une mise à garde à Samir Geagea et ses 15 000 miliciens chrétiens. Ne vous trompez pas dans vos calculs et restez calmes ! »

De nombreux coups de feu ont été échangés jeudi dernier pendant plusieurs heures à Beyrouth, provoquant des mouvements de panique à Tayouneh, là même où passait l’ancienne ligne de front entre les quartiers chiite de Chiyah et chrétien de Aïn el-Remmaneh lorsque la guerre civile a éclaté en 1975. Bilan : sept morts dont une femme, tous chiites. Certains analystes redoutent le retour de la guerre civile dans un pays qui compterait 45 % de chrétiens et 55 % de musulmans, divisés à parts à peu près équivalentes entre sunnites et chiites.

Les deux camps se rejettent la responsabilité du déclenchement des affrontements. A l’origine, le Hezbollah et Amal ont appelé à manifester pour demander le retrait du juge Tarek Bitar, responsable de l’enquête sur . Les deux partis chiites seraient dans le collimateur de la justice. « , souligne Fouad Abou Nader, ex-commandant en chef des Forces libanaises et auteur de (Ed. de L’Observatoire). Une sortie du gouvernement remettrait en cause le traditionnel équilibre de partage des pouvoirs sur une base communautaire et confessionnelle. »

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