En facilitant la communication, internet contribuerait parfois à augmenter la tolérance et la paix dans nos sociétés.

Un progrès technique est une découverte qui nous permet de faire des choses que nous ne pouvions pas faire auparavant. Parce que certaines de ces choses sont mauvaises, le progrès technique n’implique pas la nécessité d’un progrès moral, mais parce que certaines sont bonnes, il en implique la possibilité. Les mêmes techniques permettent la bombe atomique et la tomographie par émission de positrons : c’est à nous de choisir ce que nous en faisons.

Depuis la fin des deux guerres mondiales, des guerres de décolonisation et de la guerre froide, nous vivons une époque de progrès moral sans doute sans précédent. Ainsi, seuls une poignée de pays ont encore des soldats qui combattent un autre État et rien ne nous paraît plus étranger que la morale du poète allemand Novalis qui écrivait, il y a deux siècles : « La guerre en elle-même [...] me paraît être œuvre de poésie. » Sur 197 pays, environ 140 ont aboli la peine de mort, en droit ou en pratique. Et nous commençons à trouver inadmissibles certaines formes de violence, que nous ne percevions naguère même pas : il aurait été difficile de sensibiliser un survivant de la bataille de Stalingrad à la question des conditions d’élevage des poulets, qui nous paraissent pourtant aujourd’hui intolérables.

Ces dernières décennies étant par ailleurs celles d’un progrès technique sans doute aussi sans précédent, nous pouvons nous interroger sur les liens entre ces transformations, tout en gardant à l’esprit qu’il ne suffit pas que deux événements se déroulent en même temps pour que l’un soit la cause de l’autre.

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